Tutos

Methode Brenizer

Ryan Brenizer est un photographe de mariage américain qui a développé cette méthode pour maximiser les effets de profondeurs de champ, et pour aller au-delà  de ce qu’offrent les optiques les plus lumineuses existantes.

Le but de la méthode est d’avoir une image de grande taille, un champ similaire à  celui d’un grand angle, et une profondeur de champ aussi restreinte que possible. Pour y parvenir, on privilégiera les focales moyennes comme les 85mm, 100mm, 150mm. On veillera également à  prendre une optique ouvrant assez grand (entre f/1.4 et 2.8 idéalement). Rien n’empêche d’utiliser d’autres focales et d’autres ouvertures… mais ces focales moyennes à  grande ouverture donnent les meilleurs résultats.

Pour des résultats optimums, on choisira une optique donnant de jolis bokeh et offrant un piqué convenable à  pleine ouverture. On pourra aussi « tricher un peu » et fermer un brin pour gagner en piqué (il faut bien que le sujet soit net) tout en préservant du bokeh, et également jouer sur la distance de prise de vue pour influer sur la qualité de ce bokeh.
Mais encore une fois il n’y a aucune règle particulière, et Brenizer lui-même passe facilement d’un 50 mm ƒ/1.4 à  un 85 mm ƒ/1.8, ou à  un 70-200 mm ƒ/2.8. Tout est une question de feeling, de rendu.

D’ailleurs, pour ce tuto, j’ai moi-même utilisé un 85 mm ƒ/1,8 que j’ai fermé à  ƒ/2 pour gagner en piqué et jouer sur la netteté de mon sujet.

LA PRISE DE VUE :

Cette méthode est basée sur un montage de plusieurs photos, exactement comme pour créer une photo panoramique.
Le principe est d’utiliser un objectif ou un téléobjectif à  son ouverture maximale, et de prendre plusieurs photos en balayant toute la scène. Bien entendu il faut une scène fixe et éviter les objets en mouvement. Comme pour la création d’une photo panoramique, il faut que toutes les photos de la série soient prises dans des conditions identiques, c’est-à -dire avec la même exposition et la même mise au point.

Procédure détaillée :

1 « “ Choisir un objectif (50mm, 85mm, 100mm, »¦) doté d’une assez grande ouverture (f/1.4 ou plus)
2 « “ Passer en mode Manuel (M)
3 « “ Fixer l’ouverture au maximum (ou fermer d’un cran ou deux pour améliorer le piqué et votre netteté au niveau du sujet photographié)
4 « “ Régler la vitesse pour avoir une bonne exposition, aidez-vous de l’histogramme ou de l’échelle d’exposition
5 « “ Faire la mise au point sur le sujet et bloquer l’autofocus pour éviter que cette mise au point ne change
6 « “ Faire une série de photos en balayant toute la scène (prendre autant de photos que nécessaire)
Dans notre exemple, nous prenons 47 photos d’une même scène avec un objectif de 85mm ouvert à  f/2.

Par contre,si nous sommes amenés à  photographier des sujets peu patients (comme des enfants par exemple), le plus difficile est de leur faire garder la pose assez longtemps. En effet si le sujet bouge lors de la prise de vue, on aura un flou de bouger à  l’assemblage.

Le plus simple est donc de commencer la prise de vue en couvrant d’abord le sujet. 3, 4 ou 5 photos de la tête aux pieds… c’est l’affaire de 2 ou 3 secondes. Une fois le sujet entièrement couvert, les petits mouvements n’auront plus guère d’importance puisqu’on se concentrera sur son environnement.

Attention toutefois à  un détail : pour que le logiciel puisse assembler tous les clichés, il faudra préserver des zones de chevauchement entre chaque image. La capture ci-dessous montre les 47 images prises, dans
l’ordre. On voit la progression suivie ; le sujet d’abord, puis une couverture méthodique de son environnement proche.

Il n’y a pas de règle quant au nombre de phphoto-1otos à  prendre. Il semble que plus on en prenne, plus on obtient un résultat fin… mais il n’est pas impératif de se surcharger de prises pour un bon résultat. Plus on va prendre de photos et plus il faudra un ordinateur puissant pour assembler les images. Utiliser entre 20 et 50 images est assez simple et efficace. Mais encore une fois, tout dépendra de chacun. On pourra tenter avec une dizaine d’images, ou avec une centaine. Rien n’est inscrit dans le marbre.

LE TRAITEMENT :

Les photos sont prises, il ne reste plus qu’à  les assembler.

Avant toute chose et si vous photographiez en RAW, pensez à  traiter d’abord vos images dans un bon dématriceur pour effectuer une correction d’objectif sur toutes ces photos (suppression de l’aberration chromatique et activation du profil de correction). Vérifier également la netteté du sujet au préalable. Au besoin, ajustez la netteté, puis exportez en JPEG.

Par la suite, on utilisera un utilitaire spécifique aux photos panoramiques, comme Auto Stitch, Auto Pano, le module d’assemblage de panoramas de Photoshop ou Photoshop Elements…
Dans mon cas, j’utilise le module de Photoshop.

C’est vrai que réaliser un panorama de 47 fichiers RAW de 22,3 Mpx (avec mon Canon 5D Mark III) c’est un peu gourmand pour le logiciel. Je vous conseille donc de traiter vos RAWs puis de les convertir en Jpeg avant cette étape d’assemblage, ce qui vous permettra de gagner du temps dans le processus.

Dans notre exemple, et étant donné qu’on se rapproche des 50 images, j’ai préféré exporter mes fichiers avec un bord large à  3000 pixels… Sans passer par cette opération, mon fichier final deviendrait vite lourd et il faudrait un ordinateur très puissant pour mener à  bien mon Brenizer.
On arrive à  un résultat approximatif de 8300×8300 pixels, soit près de 69 Mpix…

à€ présent, nous ouvrons Photoshop

Aller dans Fichier > Automatisation > Photomerge.
Ensuite choisissez vos images réalisées précédemment.
Cliquez sur Parcourir »¦
Allez chercher vos fichiers.
Une fois vos fichiers sélectionnés, cliquez sur Ouvrir
On se retrouve à  nouveau avec notre fenêtre de départ, et avec tous nos fichiers sélectionnés encapsulés :

Greg Delaville

Il n’y a plus qu’à  cliquer sur ok et le traitement commence »¦

« ¦C’est le moment pour vous d’aller boire un petit café le temps que le logiciel fasse son boulot car une fois lancé, l’assemblage des images peut prendre du temps, et surtout de la place sur votre disque dur, car une très grosse image est générée au format .PSD.
Une fois terminé, voilà  ce qu’on obtient :

Greg Delaville

On peut apercevoir sur cette capture quelques défauts (perspectives) et notamment le chevauchement de toutes les photos assemblées. Pas de panique, il suffit, pour les retirer, d’aller dans le menu à‰dition > Fusion automatique des calques »¦ en laissant tous les calques sélectionnés.

Greg Delaville

Choisissez Panorama dans le menu Méthode de fusion puis cliquez sur OK.
Si le résultat vous convient, vous pouvez ensuite retravailler votre photo (balance des blancs, recadrage, redressement des perspectives, contraste, etc »¦) et finalement l’exporter en .Jpeg
Voici ce que ça peut donner :

Greg Delaville

 

 

CONNAITRE LA FOCALE ET L’OUVERTURE DE VOTRE BRENIZER

Avec un outil développé par Brett Maxwell, lui aussi photographe de mariage, vous pouvez évaluer la distance focale et l’ouverture correspondant à  votre Brenizer, c’est à  dire l’objectif que vous auriez dù utiliser pour obtenir un résultat similaire.
Cet outil est disponible à  l’adresse qui suit :

http://brettmaxwellphoto.com/Brenizer-Method-Calculation/index.htm

Dans notre cas, notre photo équivaut à  un objectif de 26mm avec une ouverture de ƒ/0.6, ce qui n’existe actuellement pas sur le marché.

CONCLUSION ET QUELQUES EXEMPLES

Désormais, vous savez comment réaliser une photo en utilisant la technique Brenizer. Cette technique est principalement utilisée pour des portraits, et son auteur l’a d’ailleurs éprouvé de nombreuses fois lors de ses sessions photos de mariage.  Voici mes premières productions dans l’onglet résultats.

Greg Delaville