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[La Bobine] Derya Yildrim & Grup Simcek + Taxi Kebab – 22/11

By 25 novembre 2019 Pas de commentaires

La route débute avec  le duo nancéen de Taxi Kebab, dans une osmose parfaite entre le chant scandé en darija de Lea Jiqqir et les rythmes électro de Romain Henry ;  le dialecte marocain, le bouzouki et le bendir s’allient à la guitare, au synthé et à la boîte à rythme  pour nous embarquer dans une longue ligne musicale intense et répétitive de transe puis un rythme électro qui va déferler sur le dance-floor de La Bobine.

 

Et le voyage peut se poursuivre au-delà des frontières  avec Derya Yildirim (Turquie, Allemagne) et ses amis du groupe Şimşek, à savoir Greta Eacott (Grande-Bretagne), Antonin Voyant et  Graham Mushnik (France). D’emblée, l’éclat du regard et la fossette qui illuminent le visage de Derya ne trompent pas : le plaisir de jouer ensemble pour leur dernier concert en France et le bonheur de partager ce moment  avec le public de La Bobine sont palpables ! Et là, coup de foudre ! La voix fabuleuse de Derya, accompagnée de son saz,  commence à s’élever sur des mélodies d’Anatolie Centrale métissées d’un son psychédélique des seventies avec Greta à la batterie,  Antonin à la guitare et à la flûte, Graham à l’orgue, au synthé et aux percussions.

Le public grenoblois est conquis ! Et quand Derya entonne Kar Yağar (la neige tombe), il est touché au cœur par la charge émotionnelle de ce titre. De même, Gurbet (le mal du pays) et Nem Kaldi (que me reste-t-il ? sur les paroles du poète Aşık Mahzuni Şerif mort en exil)  résonnent très fort, en particulier pour les turcophones venus ce soir, qui s’enlacent, dansent et pleurent de joie au pied de la scène. Avec Yuh Yuh, un titre qui pointe du doigt les fauteurs de troubles et d’injustice, le groupe Şimşek se fait aussi la voix des opprimés. Mais Derya reste avant tout une magicienne du chant et du saz, avec un solo virtuose qui envoûte le public puis le traditionnel Oy Oy Emine qui nous entraîne dans une danse endiablée  et que nous fredonnerons longtemps encore.

Et La Bobine en veut encore ! Deux rappels, avec un petit bonus : Derya invite sur scène son amie lyonnaise  Léonore Grollemund ; elles vont nous gratifier d’un subtil duo violoncelle-saz, tout en finesse ; enfin, on se quitte en dansant et on vous dit : çok teşekkür ederim ! (merci beaucoup !)

Martine Lafit et Françoise Sarrot